Une personne nommée pour le prix Emerging Act of the Year en 2023 a dénoncé des faits présumés de harcèlement en coulisses à AmericanaFest, soulevant des questions sur le soutien apporté aux artistes queer.
L’artiste, dont le nom n’est pas précisé dans le témoignage, affirme que cette expérience a été suivie de relations tendues, de rendez-vous annulés et, finalement, de la perte de son manager et de son agent au cours du cycle de sortie d’un autre album.
Les premiers espoirs de trouver une communauté
En 2017, l’artiste a commencé à écrire des chansons country sur les injustices raciales qui allaient constituer White Trash Revelry, tout en se demandant où cette musique pourrait trouver son public.
Cette année-là, l’artiste a gagné des billets pour les Americana Honors & Awards et s’y est rendu avec son épouse pour voir John Prine se produire avec Iris DeMent.
Jim Lauderdale présentait la cérémonie, mêlant présentations d’artistes country et humour politique. Alynda Segarra portait un t-shirt sur lequel on pouvait lire « Emprisonnez Arpaio ». L’artiste se souvient d’avoir eu le sentiment de pouvoir trouver une communauté lors de cet événement.
En 2020, l’artiste avait fait son entrée dans les classements Americana, mais AmericanaFest a rejeté sa candidature cette année-là, puis de nouveau en 2021.
L’artiste évoque également le rejet d’artistes country queer, tandis que des showcases queer indépendants bénéficiaient d’un soutien institutionnel sans nécessairement obtenir d’accréditations, d’accès ou d’aide concrète.
Selon le témoignage, certaines personnes queer intervenant dans des tables rondes n’ont pas pu assister au reste de la programmation.
Une nomination et une rencontre en coulisses
En 2023, les organisateurs ont contacté l’agent de l’artiste au sujet d’un concert à AmericanaFest. L’artiste a refusé à deux reprises avant d’apprendre sa nomination au prix Emerging Act et de recevoir une invitation à se produire lors de la cérémonie de remise des prix.
L’artiste a accepté à condition que d’autres artistes trans soient au programme, en fournissant une liste comprenant Jessye DeSilva et She Returns From War. Selon le témoignage, les organisateurs ont fait venir d’autres artistes trans.
Après la victoire de S.G. Goodman, l’artiste raconte avoir rejoint sa loge pour consommer du cannabis à des fins récréatives et y avoir croisé une autre artiste, qui s’est moquée de son apparence.
Cette dernière aurait demandé : « Jeune homme, pourquoi tu as cette merde sur le visage ? » L’artiste a répondu : « Oh, c’est juste du rouge à lèvres, c’est tout. »
Selon le témoignage, elle aurait alors coupé court en demandant : « Tu es qui ? Tu fais quoi, au juste ? » D’autres commentaires visaient le maquillage et les ongles de l’artiste.
Elle aurait ensuite déclaré : « Mon gars, je parie que tu baiserais même une brique, pas vrai ? » L’artiste se souvient que d’autres personnes ont ri et affirme avoir quitté le festival en larmes.
Réponse et conséquences professionnelles
L’artiste affirme que l’association lui a demandé s’il fallait retirer son prix à l’autre artiste. Ce n’était pas l’issue recherchée, ses priorités étant le soutien, la nécessité de rendre des comptes et la responsabilité de l’institution.
Le témoignage précise que l’autre artiste est une femme noire, sans la nommer. L’artiste estime que lui retirer son prix ne permettrait pas de remédier aux circonstances entourant cette rencontre.
Dans les jours qui ont suivi, l’artiste affirme que certaines personnes de son cercle amical ont pris leurs distances et que d’autres ont minimisé l’incident en le présentant comme une plaisanterie. Des rendez-vous sont tombés à l’eau.
Un manager avec qui une collaboration était envisagée aurait confié à l’artiste que des personnes liées à l’association lui avaient déconseillé ce rendez-vous.
L’artiste a ensuite mené à terme le cycle de sortie d’un autre album, tout en perdant son manager, son agent et le soutien du reste de son équipe. Le témoignage décrit des efforts continus pour obtenir une résolution, à force de persévérance et grâce aux relations professionnelles.
Le témoignage souligne également les coûts financiers et personnels liés aux démarches pour accéder aux institutions, notamment les déplacements, les showcases, les adhésions et les candidatures, ainsi que le temps consacré à entretenir des relations et à gérer l’hostilité.