GEMA remporte une victoire historique en droit d’auteur face à la plateforme d’IA musicale Suno

La société de gestion collective allemande GEMA a remporté une victoire judiciaire historique contre la plateforme d’IA musicale Suno. Le tribunal a retenu la contrefaçon à trois niveaux: l’entraînement des modèles, leur stockage sur des serveurs allemands et la génération des morceaux produits.
Illustration of a courtroom gavel and musical notes symbolizing the GEMA v. Suno AI copyright ruling in Germany. Illustration of a courtroom gavel and musical notes symbolizing the GEMA v. Suno AI copyright ruling in Germany.

Un tribunal allemand a donné raison à la société de gestion collective GEMA dans une affaire de contrefaçon visant la plateforme d’IA musicale Suno, une décision appelée à peser sur la manière dont les entreprises d’IA générative acquièrent leurs licences musicales et opèrent en Europe.

Le tribunal régional de Munich a retenu trois chefs de contrefaçon. Il a jugé que Suno avait utilisé le répertoire protégé de la GEMA pour entraîner ses modèles sans autorisation, que le stockage du modèle entraîné sur des serveurs situés en Allemagne constituait un acte de contrefaçon distinct, et que la plateforme produisait des morceaux substantiellement similaires aux oeuvres originales.

Le moyen tiré du fair use écarté

Suno soutenait que ses activités d’entraînement, menées aux États-Unis, relevaient de la doctrine américaine du fair use. Le tribunal a écarté cet argument, estimant que le modèle avait mémorisé des compositions gérées par la GEMA et pouvait en restituer des reproductions très proches. La décision se démarque des jugements américains récents, comme les affaires Bartz et Kadrey, où aucune reproduction directe des données d’entraînement n’avait été constatée.

Le tribunal a également considéré que le stockage du modèle entraîné sur des serveurs allemands portait atteinte au droit d’auteur, les éléments protégés demeurant intégrés au modèle lui-même.

Sanctions et portée de la décision

Suno a été condamnée à cesser de reproduire six titres au coeur du litige:

  • « Atemlos »
  • « Daddy Cool »
  • « Rasputin »
  • « Big in Japan »
  • « Forever Young »
  • « Mambo No. 5 »

L’entreprise doit également indiquer comment ces oeuvres ont été utilisées, rendre compte des revenus qui s’y rattachent et verser des dommages et intérêts. Si la procédure ne portait que sur six chansons, le raisonnement du tribunal pourrait s’appliquer à l’ensemble du répertoire de la GEMA, ce qui laisse penser que Suno devrait obtenir une licence pour continuer à exploiter la moindre oeuvre gérée par la GEMA en Europe.

Suno conteste la décision et estime que le tribunal a mal compris à la fois sa technologie et l’application du fair use américain. L’entreprise devrait faire appel.

Previous Post
Logos of SoundExchange and SOCAN representing the sale of CMRRA, a Canadian music reproduction rights agency.

SoundExchange vend la CMRRA à la SOCAN et consolide la gestion des droits musicaux au Canada

Next Post
Five African women recognized on the World IP Review Influential Women in IP 2026 list, including Tolu Olaloye, Lara Kayode, Bilkis Daby, Brenda Matanga, and Angela Ndambuki.

Cinq spécialistes africaines de la propriété intellectuelle distinguées par le classement WIPR Influential Women in IP 2026