Empanadas Ilegales : leur moment « Oh wow », leur double rôle et l’universalité des saveurs

Empanadas Ilegales reviennent sur leur son fusionnant les genres, une étape marquante au Festival International de Jazz de Montréal, et la logistique de leurs performances live.
Empanadas Ilegales performing live on stage with instruments. Empanadas Ilegales performing live on stage with instruments.

Empanadas Ilegales ont construit un son qui fusionne la Tropicália brésilienne psychédélique, les grooves de cumbia colombienne et le savoir-faire jazz-funk en une expérience live dansante et imprévisible. Alors que le groupe tourne dans les festivals nord-américains cet été, ils se sont confiés sur le développement organique de leur musique, un moment marquant de leur carrière et les aspects pratiques de la transposition des enregistrements studio sur scène.

Un mélange organique de rythmes

Le groupe puise dans une large palette : la cumbia colombienne des grands orchestres de la fin des années 1950 et des années 1960, la musique folklorique colombienne, les cumbias du Pérou, d’Équateur et d’Argentine, les sonorités brésiliennes, le psychédélisme de la côte Ouest et le jazz. « Depuis le début, nous créons une musique qui nous inspire », a déclaré le groupe. « Notre objectif a toujours été de faire danser les gens tout en mélangeant un mix psychédélique ‘pas forcément commercial’ de rythmes, d’effets sonores et de textures. »

Cet instinct de fusionner les genres tout en gardant intacts les rythmes et les racines latines a trouvé un écho dans différentes scènes. Empanadas Ilegales a conquis des publics punk, jazz, folk et indie, d’abord dans leur ville d’origine, Vancouver, puis au-delà. « Nous essayons de jouer pour tout le monde, et nous avons eu une chance incroyable que les gens se connectent à notre son. »

Une étape marquante au plus grand festival de jazz du monde

La progression, explique le groupe, a été graduelle. « Cela fait plusieurs années que nous sommes là-dedans, à sortir de la musique régulièrement et à jouer autant de concerts que possible. Ce qui a commencé par des petits concerts locaux à Vancouver s’est peu à peu transformé en tournées à travers le Canada, et maintenant nous commençons aussi à jouer à l’international. »

Un moment s’est démarqué. « Jouer à la Place des Arts pendant le Festival International de Jazz de Montréal, le plus grand festival de jazz au monde, c’est là qu’on s’est tous dit : ‘Oh wow.’ Ce n’était pas forcément le catalyseur de notre progression, mais ça a vraiment été une étape marquante, un moment où on a pris conscience du chemin parcouru. »

« Nous sommes tous des empanadas »

Interrogés sur les textures croustillantes, moelleuses ou farcies que leur nom pourrait évoquer, les membres du groupe ont souligné une idée plus large. « Ce que nous célébrons vraiment, c’est le fait que l’empanada est universelle. Chaque pays a sa propre version. Qu’elle soit croustillante, moelleuse ou autre, nous sommes tous des empanadas. »

Ils décrivent leur son comme se situant entre la cumbia psychédélique, la salsa et la fusion tropicale, l’étiquette la plus juste étant cumbia psychédélique & fusion tropicale. Ce son n’a jamais été conçu sur le papier. « Nous suivions simplement notre envie de nous connecter plus profondément à la musique traditionnelle latino-américaine et à son incroyable diversité de rythmes », expliquent-ils. Le fait d’être basés sur la côte Ouest du Canada a apporté des influences des scènes psychédéliques, jazz et rock expérimental locales. « Ces influences se sont naturellement mélangées à notre socle musical. Avec le recul, cette approche explique probablement pourquoi la musique est si vivante sur scène : elle a grandi de manière organique en jouant ensemble. »

Double rôle sur scène

En studio, la philosophie du groupe est de réaliser le meilleur enregistrement possible, en invitant souvent des musiciens supplémentaires aux congas, au saxophone et aux percussions folkloriques colombiennes comme le tambor alegre et la tambora. Un prochain album comporte même une harpe. Sur scène, en revanche, ils se produisent en quintet : guitare, basse, batterie, maracas/percussions et trompette.

Pour recréer les textures de l’enregistrement, les membres assument des rôles supplémentaires. « Notre trompettiste, Jocelyn, joue aussi d’un mini synthé Korg, ajoutant des effets et doublant les lignes mélodiques tout en jouant ses parties de trompette. Le guitariste et le bassiste apportent des textures psychédéliques via leurs pédaliers, et notre batteur utilise également un microphone pour interagir avec le public et guider les transitions tout au long du set. »

Logistique simplifiée

La formation resserrée à cinq musiciens a facilité les tournées. « Notre dernier line-up à cinq a vraiment simplifié les tournées… On tient maintenant dans une voiture standard ! Donc heureusement, la logistique n’a pas été un gros problème. »

Previous Post
A split view of a crowded local concert in a tropical outdoor venue on one side and a smartphone displaying a streaming app with dollar signs on the other.

Le paradoxe local-global : pourquoi les tubes locaux courent après les portefeuilles étrangers

Next Post
Indonesian Music Now Owns 78% of Its Own Spotify Charts. Sixty Percent of the Money Comes From Abroad.

La musique indonésienne occupe désormais 78 % de ses propres classements Spotify. Soixante pour cent des revenus proviennent de l’étranger.