Des documents financiers incomplets et des objectifs mal définis peuvent compromettre les transactions sur les catalogues musicaux avant même que les acheteurs ne soumettent une offre, selon Michelle Garramone de Symphonic. Son analyse place la préparation du vendeur au cœur de la fixation d’un prix justifiable.
Garramone, qui travaille avec des acheteurs et des vendeurs de catalogues, estime que les propriétaires doivent définir ce qu’une transaction doit leur permettre d’accomplir avant de se présenter sur le marché. Une vente peut porter sur une partie du catalogue plutôt que sur son intégralité.
Comment les acheteurs évaluent la valeur
Les acheteurs évaluent les revenus d’un catalogue et la probabilité que ces recettes se maintiennent, explique Garramone. Des documents incomplets ou mal organisés peuvent compliquer la justification de la valeur attendue par le vendeur.
Elle estime que les acheteurs peuvent rapidement déterminer un prix à partir des informations fournies, mais que des données manquantes peuvent contribuer à créer un écart entre leurs offres et les attentes du propriétaire.
La source cite deux indicateurs de l’activité du marché des catalogues :
- Citrin Cooperman a évalué 566 catalogues musicaux à près de $13 milliards en 2025, les catalogues d’enregistrements sonores bien établis conservant des multiples supérieurs à 17 fois les revenus.
- MIDiA Research a indiqué que les fonds investissant dans les catalogues avaient généré $1,6 milliard de revenus d’édition musicale en 2025, soit une hausse de 14,9 pour cent.
Selon Garramone, les acheteurs évaluent les risques avec davantage de précision qu’il y a quelques années. Leurs mandats d’investissement et des facteurs tels que la hausse des taux d’intérêt influencent également les prix.
Préparer les documents de vente
Garramone recommande de commencer par une évaluation indépendante. Cette démarche peut aider les propriétaires à organiser un espace documentaire et à repérer les documents manquants avant de solliciter des offres.
Sa méthode de préparation comprend :
- Des états financiers complets, auxquels sont rattachés les contrats correspondants.
- Des vérifications visant à repérer les lacunes dans les enregistrements nécessaires à la perception des redevances.
- Tous les contrats nécessaires pour justifier les droits proposés à la vente.
- Une Schedule A précisant les titres inclus dans la vente.
Elle cite Citrin Cooperman et Virtu comme prestataires d’évaluation. Leurs services sont payants, mais elle estime que ces frais peuvent se justifier si leur travail permet d’obtenir une meilleure valorisation lors de la transaction.
D’autres outils tiers peuvent donner une indication de la valeur d’un catalogue. Garramone déconseille d’utiliser Claude ou ChatGPT pour réaliser une évaluation, tout en suggérant qu’ils peuvent aider à organiser les documents.
Elle recommande de faire appel à des professionnels tant pour l’évaluation que pour la préparation des documents de vente.
Fixer un prix de vente justifiable
Garramone rapporte un échange avec un propriétaire qui n’avait ni fait réaliser d’évaluation ni communiqué de prix cible. Ce propriétaire comptait attendre l’offre d’un acheteur ou l’estimation d’un intermédiaire.
Sans analyse indépendante, estime-t-elle, le propriétaire ne disposait d’aucune base pour évaluer une offre ou vérifier si ses propres attentes étaient réalistes.