À 18 ans, l’artiste zambienne Anna Heart construit une carrière qui s’étend sur trois disciplines : la musique, le conseil psychosocial et l’art du maquillage. Elle envisage chacune comme un canal pour le même objectif fondamental : aider les individus à se sentir vus, valorisés et dignes.
Une mission unifiée
Heart ne traite pas la musique comme une quête séparée. Elle la décrit comme une extension de son travail de vie.
En tant que conseillère, j’écoute le cœur des gens. En tant qu’artiste maquillage, je les aide à voir la beauté en eux de l’extérieur. En tant que musicienne, je fais les deux, je parle au cœur et je fais en sorte que les gens se sentent beaux et vus. Les trois sont juste différentes façons de dire : « Tu as de la valeur. Tu es digne. »
Des racines dans le rythme et la narration
Grandir entouré de Kalindula et de Zamrock, Heart a absorbé les sons des icônes zambiennes telles que JK, Alpha Romeo, Angela Nyirenda, Mampi et Wezi. Elle fusionne ces fondations traditionnelles avec l’Afro-fusion contemporaine pour créer une musique qui honore son héritage tout en abordant des thèmes universels.
J’ai toujours voulu prendre cette base et la vêtir d’Afro-fusion, afin que le monde puisse danser dessus tout en ressentant la Zambie.
Son single révélateur Bamukabene, mettant en vedette Chester MorePower, s’appuie sur une expression Bemba souvent associée aux rumeurs sur les relations avec les personnes mariées. La piste rejette les commérages et le jugement public, championnant le respect de soi et les limites personnelles.
Bamukabene parle du sentiment quand les gens parlent de toi derrière ton dos et t’accusent de fréquenter des hommes mariés. Au lieu de m’effondrer, je me lève et leur dis que je ne fais pas ça. Je connais mes limites et mon estime de soi. Cela envoie également un message aux personnes mariées que je ne peux pas être impliquée avec elles.
Conseil à travers les paroles
L’expérience de Heart en conseil psychosocial informe directement ses compositions. Elle priorise les thèmes de guérison, de résilience et d’honnêteté émotionnelle par rapport au divertissement pur.
La musique est une thérapie pour moi et pour les gens qui écoutent. Certaines chansons parlent d’espoir quand tu es au plus bas. D’autres parlent de nommer ta douleur pour qu’elle ne t’approprie pas. Je ne veux pas que les gens se sentent seuls en m’écoutant. Si une parole fait sentir à quelqu’un qu’il est compris, alors j’ai fait mon travail à la fois en tant qu’artiste et conseillère.
Nouvelle musique et réaction des auditeurs
Son dernier single, We Are Not The Same, met en vedette Chewe Superstar et Umusepela Chile. La chanson aborde la récupération émotionnelle après une rupture, exhortant les auditeurs à ne pas laisser la douleur passée dicter les relations futures.
C’est un message pour quelqu’un qui porte la blessure du passé. Je dis que je suis une personne différente. Ce que son ex a fait n’est pas ce que je vais faire. Je lui demande de me voir pour qui je suis et de me permettre d’être aimé à nouveau.
Heart dit que la réaction a dépassé ses attentes.
Ce qui m’a le plus surprise, c’est le nombre d’auditeurs qui ont relié la chanson à leurs propres parcours de croissance et d’estime de soi.
Portée internationale et ambition culturelle
Bien que tôt dans sa carrière, Heart a déjà gagné en exposition au-delà de la Zambie grâce aux apparitions sur Trace FM et aux collaborations avec des artistes sud-africains, notamment DJ Seneath. La célébrité internationale, cependant, n’est pas son objectif principal. Elle veut que sa musique serve d’ambassadrice culturelle pour la Zambie.
Ma vision est de mettre la Zambie sur la carte du monde avec le son. Je veux que les gens à Londres, Lagos et New York entendent un beat et disent immédiatement : « C’est la Zambie. » Je n’ai pas besoin de copier quelqu’un. Nos rythmes, nos langues et nos histoires sont ce qui voyagera.
Représentation et responsabilité
En tant que l’une des plus jeunes artistes féminines de la Zambie gagnant une attention régionale, Heart est consciente de l’exemple qu’elle donne.
Cela signifie fierté et responsabilité. Je veux que les petites filles de Lusaka et partout en Afrique me voient et croient qu’elles peuvent le faire aussi. Je veux représenter la Zambie avec excellence, culture et cœur, pas seulement en tant que chanteuse, mais en tant que voix portant notre beauté et notre vérité.
Discipline plutôt que le buzz
Naviguer dans une industrie compétitive en tant qu’adolescente a appris à Heart que le succès durable repose sur la discipline plutôt que sur l’attention éphémère.
Mon parcours m’a appris que la confiance vient à travers la cohérence, tandis que la résilience vient à travers la persévérance. J’ai appris à créer mes propres opportunités et à soutenir les autres femmes au fur et à mesure que nous grandissons. L’authenticité est ce qui crée finalement un espace pour toi.
Les collaborations transfrontalières ont renforcé ces leçons.
J’ai appris le professionnalisme, la préparation et la patience. J’ai aussi appris à protéger mon art et à construire des relations authentiques. La croissance est graduelle, et à un jeune âge, la discipline et la vision sont plus importantes que le buzz.
Regarder vers l’avant
Heart prévoit de publier de nouveaux projets visuels, d’élargir ses collaborations en Afrique et de continuer à raconter des histoires enracinées dans des expériences africaines authentiques. En fin de compte, elle espère être mémorisée pour plus que sa musique.
Je veux être mémorisée comme quelqu’un qui a utilisé la musique pour faire en sorte que les gens se sentent vus et valorisés. Au-delà de la musique, à travers le conseil et la beauté, j’espère que ma contribution reflète la guérison, l’autonomisation et la représentation des femmes zambiennes et africaines.
Pour les auditeurs, elle veut que chaque piste laisse une impression durable.
Quand les auditeurs appuient sur jouer, j’espère qu’ils se sentent habilités et compris. « We Are Not The Same » parle de se choisir, de guérir et d’avancer. C’est un morceau de mon parcours, et j’espère qu’il devient aussi partie du vôtre.