Le Cameroun collecte désormais les droits d’auteur musicaux à 12 francs la caisse de bière. Son dernier versement s’élevait à 27 000 francs par artiste.

Le Cameroun prélève désormais des droits d’auteur musicaux à hauteur de 12 FCFA par caisse de bière, une taxe que la SONACAM affirme avoir rapporté 100 millions de FCFA à la source. Sa dernière avance versée aux artistes s’élevait à un forfait de 27 000 FCFA. Pourquoi le circuit de l’enregistrement paie toujours les artistes camerounais plus rapidement que la société de gestion collective.
Cameroon Now Collects Music Royalties at 12 Francs a Crate of Beer. Its Last Payout Was 27,000 Francs an Artist. Cameroon Now Collects Music Royalties at 12 Francs a Crate of Beer. Its Last Payout Was 27,000 Francs an Artist.

Le système de redevances musicales du Cameroun vient d’ouvrir une nouvelle ligne de revenus, et il passe par le commerce des boissons plutôt que par la grille de diffusion.

Une taxe sur les caisses de bière, collectée avant que la bière n’atteigne le bar

Le 30 juillet 2026, le président du conseil d’administration de la SONACAM, Dr. Ateh Ndong Francis, a annoncé la récupération de 100 millions de FCFA en droits d’auteur collectés à la source, à raison de 12 FCFA par caisse de bière vendue via la distribution de gros sur le marché intérieur, a rapporté Cameroon Tribune.

Le franc CFA est arrimé à l’euro à 655,957, donc 100 millions de FCFA représentent environ 152 000 euros.

  • La collecte se fait au niveau du gros, avant que les caisses n’atteignent un bar ou un lounge.
  • Boissons du Cameroun (SABC) a posé les bases opérationnelles ; Groupe DOVV a facilité la collecte à partir des primes de gros.
  • Les exploitants de bars non conformes ont été avertis de la fermeture de leurs locaux ou de la saisie de leurs fonds.
  • La SONACAM a calé le calendrier de versement sur les frais de scolarité, promettant une distribution « dans les semaines à venir ».

C’est la première fois que des revenus de représentation publique sont captés à la source dans l’économie des bars camerounais. C’est une véritable avancée structurelle. C’est aussi un rappel de l’étroitesse du tuyau auparavant.

Ce que le tuyau transportait auparavant

Une OGC, ou organisation de gestion collective, licence les usages publics de la musique tels que la radio, la télévision, les bars et les concerts, puis distribue ce qu’elle collecte aux auteurs, interprètes et éditeurs inscrits. La SONACAM détient ce mandat au Cameroun depuis son assemblée générale de 2017 à Yaoundé.

En octobre 2025, la SONACAM a versé une avance forfaitaire de 27 000 FCFA par artiste sur une enveloppe de 40 millions de FCFA, signée par la directrice générale Kabelok Ariane, a rapporté Mimi Mefo Info. Cela représente environ 41 euros, versés à taux forfaitaire plutôt qu’au prorata de l’usage réel.

Le média a cité un musicien de Yaoundé qualifiant cela de « pas une avance, c’est de la charité », et un musicien de Douala se demandant comment un artiste est censé vivre décemment avec cette somme.

Le délai est l’autre moitié du problème. En août 2022, quatre organismes collectifs ont distribué 340 068 245 FCFA, soit environ 518 000 euros, à 685 artistes, producteurs et éditeurs, a rapporté EcoMatin. L’argent couvrait des œuvres exploitées entre 2005 et 2009. Les allocations individuelles allaient de 5 millions de FCFA au sommet à moins de 5 000 FCFA au bas de l’échelle.

Cela représente un écart de 13 à 17 ans entre l’utilisation d’un titre et son paiement.

Pendant ce temps, le rail de l’enregistrement payait dans les délais

Libianca a grandi à Bamenda. Son single « People » a atteint la 2e place du UK Official Singles Chart, le plus haut sommet jamais atteint par un single africain là-bas, comme elle l’a évoqué dans une interview avec Official Charts. Il est sorti chez 5K Records avec Sony Music UK et RCA, un deal que Music Week a détaillé en profondeur.

Aucun de ces revenus n’est passé par une société camerounaise. Les revenus d’enregistrement empruntent un rail différent : identifiés par ISRC, livrés via DDEX, déclarés par territoire et par plateforme. DDEX signifie Digital Data Exchange, le standard de messagerie que les services de streaming utilisent pour recevoir les sorties et retourner les rapports d’usage.

Ce qu’un artiste camerounais devrait vraiment faire en 2026

L’audience adressable est réelle mais partielle. Le Digital 2026 de DataReportal chiffre le Cameroun à 12,6 millions d’utilisateurs d’internet fin 2025, soit un taux de pénétration de 41,9 pour cent, contre 29,0 millions de connexions mobiles.

  • S’inscrire à la SONACAM quoi qu’il arrive. L’argent des caisses de bière ne touche que les membres inscrits, et la représentation publique est un droit distinct des revenus de streaming, pas un substitut.
  • Garder les droits d’enregistrement sur un rail qui déclare mensuellement. Boomplay, Audiomack, YouTube et Apple Music paient tous sur la base de fichiers d’usage, pas d’enveloppes.
  • Corriger les métadonnées à la livraison. Les distributions à taux forfaitaire tiennent en partie au fait que personne n’a enregistré ce qui a été diffusé.
  • Partir du principe que le bassin national reste maigre et que le bassin de la diaspora ne l’est pas. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis sont les marchés où le catalogue camerounais se monétise le plus.

La tendance se vérifie dans toute la région. Le versement de mars au Sénégal provenait surtout de sonneries d’attente de 2024, et la distribution de droits d’auteur en Côte d’Ivoire a diminué en juin. Plus au sud, le Zimbabwe a payé certains membres trois dollars.

La taxe sur la bière mérite d’être applaudie. C’est un mécanisme de collecte, pas un système de distribution. Tant que les données d’usage ne pilotent pas la répartition, 12 francs par caisse font une cagnotte plus grosse divisée de la même manière imparfaite.

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