Le 13 juillet 2026, le conseil municipal de Garabito a voté à l’unanimité de ne plus exiger des commerces une licence musicale avant d’accorder ou de renouveler un brevet commercial. La mesure est entrée en vigueur dès le lendemain.
Ce ne sera pas la dernière.
La licence provient d’ACAM, l’Asociación de Compositores y Autores Musicales de Costa Rica. En tant qu’organisme de gestion collective, ou CMO, ACAM concède en bloc des licences sur un répertoire national d’auteurs-compositeurs et répartit les redevances entre ses membres.
Au 16 juillet, Delfino.cr recensait des suppressions à Garabito, Desamparados, Puriscal, Guácimo, Puntarenas, Montes de Oro, Tilarán, San Ramón et Monteverde, ainsi qu’au conseil de district de Lepanto. Le député José Miguel Villalobos a évalué le total provisoire à près d’une douzaine.
La politique derrière le vote
Villalobos, du parti Pueblo Soberano, a ouvert les hostilités le 17 juin à l’Assemblée législative, déclarant qu’il consacrerait son mandat de quatre ans à démanteler ce qu’il considère comme une mauvaise gestion dans la collecte des droits d’auteur.
Le président d’ACAM, Arnoldo Castillo, a répondu dès le lendemain. Le droit d’auteur, a-t-il déclaré, « no es un privilegio, no es un impuesto y no es una ocurrencia local », selon aDiarioCR. Ni un privilège, ni un impôt, ni une invention locale.
La déclaration d’ACAM sur les votes municipaux a été plus cinglante. Supprimer une exigence administrative ne supprime pas l’obligation légale qui la sous-tend. La Ley 6683, la loi sur le droit d’auteur, continue de s’appliquer à un bar qui diffuse de la musique, que le conseil exige ou non des documents.
Ce que contient réellement la cagnotte
Edín Solís, membre du conseil d’administration d’ACAM et ancien président, a déclaré à La Nación que la société avait réparti 225 millions de colones entre 1 407 artistes costaricains en 2025. La même année, 1 314 millions de colones ont été versés à 123 sociétés étrangères, et 250 millions de colones ont été affectés au Fonds social et culturel.
Environ un colon sur sept des redevances réparties est resté au nom d’un Costaricain. Avant cette répartition, 30 pour cent des encaissements couvrent les frais de fonctionnement d’ACAM et 10 pour cent financent des actions sociales et culturelles.
Ce n’est pas un scandale en soi. Le répertoire étranger domine ce que les commerces, salles de sport et radios costaricains diffusent réellement, et les accords de réciprocité permettent à ACAM d’en percevoir les droits. Mais la bataille qui traverse ces conseils municipaux porte sur une part nationale d’environ 225 millions de colones par an, répartie deux fois par an entre environ 5 000 membres inscrits.
La voie ferrée qu’aucun conseil ne peut voter
Rien de tout cela n’affecte la musique enregistrée sur le streaming.
Les revenus de représentation publique transitent par le CMO. La musique enregistrée sur les DSP (fournisseurs de services numériques, c’est-à-dire les plateformes de streaming) transite par un accord de distribution signé sortie par sortie, déclaré mensuellement, et insensible au fait que Puriscal exige encore un formulaire ou non.
Le Costa Rica compte 4,78 millions d’utilisateurs d’internet, soit un taux de pénétration de 92,6 pour cent, selon DataReportal’s Digital 2026: Costa Rica. Le public est déjà en ligne. L’argent que cette bataille concerne est la seule part des revenus d’un artiste sur laquelle il n’a pas de contrôle direct.
Ce que les artistes costaricains devraient faire ce cycle
- Inscrivez vos compositions auprès d’ACAM quoi qu’il arrive. Les redevances de représentation n’atteignent que les auteurs dont les œuvres sont effectivement enregistrées.
- Maintenez la distribution de vos enregistrements indépendante du cycle du CMO, afin qu’un vote municipal ne puisse pas interrompre vos revenus de streaming.
- Confirmez un ISRC (International Standard Recording Code, l’identifiant unique que porte chaque enregistrement) sur chaque master avant la livraison.
- Fixez les parts des auteurs, producteurs et artistes invités avant la date de sortie, pas après le premier relevé.
- Demandez par écrit à votre distributeur quels magasins régionaux d’Amérique latine figurent dans votre périmètre de livraison, et pas seulement Spotify et Apple.
Le précédent à l’export
Debi Nova, originaire d’Escazú, reste la plus évidente exportation musicale du pays. Elle a remporté un Latin Grammy en 2020 pour le meilleur album ingénierie pour 3:33 et est devenue la première Costaricaine nommée aux Grammy l’année suivante, chez Sony Music Latin.
C’est l’ancienne voie. La nouvelle ne nécessite pas qu’un major vous signe d’abord, mais elle exige une livraison et un reporting qui survivent à ce que l’Assemblée fera ensuite à la gestion collective.
Nous avons déjà traité la même faille structurelle dans les environs. La société d’auteurs de l’Équateur a réparti 6,6 millions de dollars tandis que ses propres membres n’en ont reçu que 878 000, et la Bolivie a ouvert deux audits sur sa société de gestion des droits après que des artistes ont déclaré n’avoir jamais touché un centime.
La version costaricaine est plus ordonnée et mieux auditée. Le ratio au final n’est pas si différent.