Seyifunmi Michael apporte son oreille de producteur à l’orchestre de MUSON

Seyifunmi Michael arrange des chansons qu’il a contribué à produire pour le concert orchestral de MUSON, le 1er novembre. Son travail montre ce qui change lorsque des enregistrements de pop nigériane deviennent des partitions pour orchestre.
Brings playing at a Carnival Party Brings playing at a Carnival Party
Photo: RAWdz Ivan via Wikimedia Commons, CC BY 4.0, cropped

Selon un article de The Guardian paru le 28 octobre, Seyifunmi Michael arrange « Many People » d’Adekunle Gold et « Uyo Meyo » de Teni pour le concert de la Musical Society of Nigeria (MUSON) du 1er novembre. Il a contribué à la réalisation des enregistrements originaux. Il les arrange maintenant pour un orchestre. Ce changement place au cœur d’une performance en direct le savoir-faire d’un producteur nigérian, et pas seulement le nom de l’interprète.

Le festival offre un aperçu utile d’un métier que les crédits de la pop nigériane résument souvent en un seul mot : producteur. Enregistrement, arrangement et direction d’une performance sont des compétences liées, mais les choix évoluent lorsqu’une chanson passe du studio à une salle remplie de musiciens. The Guardian indique que Michael a participé à la production des deux chansons au programme. Des articles indépendants sur le festival confirment que le concert du 1er novembre se termine avec deux chansons nigérianes populaires dans de nouveaux arrangements pour orchestre.

L’enregistrement comme point de départ

Dans un entretien accordé à WeTalkSound en juillet, Michael a expliqué que composer consiste à créer la musique, produire à façonner l’enregistrement, arranger à décider comment les instruments et les voix s’articulent, et assurer la direction musicale à faire fonctionner ces choix sur scène. Cette distinction compte ici. Une voix enregistrée peut se détacher d’une partie instrumentale soigneusement construite, chaque élément étant placé dans le mixage. Un orchestre réunit de nombreux musiciens et instruments acoustiques dans la même salle ; l’arrangement détermine qui joue, quand les musiciens entrent et quelle place reste aux éléments les plus familiers de la chanson.

Michael a déclaré à WeTalkSound que, dans les arrangements orchestraux d’Afrobeats, sa mission consiste à préserver l’identité fondamentale d’une chanson tout en laissant à l’ensemble la possibilité d’apporter sa contribution. Il a pris « Sade » d’Adekunle Gold en exemple : la guitare acoustique était, selon lui, le son qu’il ne pouvait pas se permettre de perdre, même s’il modifiait d’autres parties de l’arrangement. Il s’agit de son récit d’un projet passé, et non d’une description de ce que le public entendra à MUSON. Le concert du 1er novembre n’a pas encore eu lieu.

Le rôle que Michael aurait joué sur « Many People » et « Uyo Meyo » donne une forme particulière à ce concert. Un arrangeur qui reprend une chanson des années plus tard doit parfois commencer par reconstituer ce qui la faisait fonctionner. Michael revient à des enregistrements auxquels il a déjà contribué comme producteur. Pour la scène, la question est de savoir ce qui doit rester reconnaissable et ce qui peut prendre une nouvelle ampleur. La réponse s’entendra pendant la performance ; elle ne peut être arrêtée par un communiqué de presse.

Un autre type de crédit pour le live

Le travail de Michael avec Adekunle Gold donne une idée de tout ce qui se joue derrière cette décision. Dans le même entretien, il a déclaré avoir dirigé des performances lors de plusieurs étapes de tournées internationales et avoir dû coordonner les balances, le groupe, l’artiste et parfois l’équipe de production. Il a expliqué adapter la liste des titres à la salle et modifier les arrangements lorsque des artistes invités étaient disponibles. Ces choix sont à la fois musicaux et opérationnels. Ils influent sur le temps de répétition, le personnel et la version du spectacle à laquelle le public assiste réellement.

Il a également raconté qu’un jour, lors d’un concert, un système de lecture avait cessé de fonctionner et que les musiciens avaient continué en direct. Cet incident est relaté par Michael dans l’entretien de WeTalkSound ; aucun compte rendu indépendant de cette panne précise n’était disponible pour cet article. Ce récit permet de comprendre la responsabilité qu’il attribue au directeur musical : un dispositif scénique doit fonctionner même lorsque les éléments enregistrés font défaut.

À MUSON, le chef d’orchestre est Walter-Michael Vollhardt, selon la annonce de l’événement publiée par la société et un article de The Lagos Review. Cette distinction compte. Cet article s’intéresse aux arrangements orchestraux que Michael aurait réalisés et à son parcours de producteur, tandis que Vollhardt est annoncé comme chef de l’orchestre. L’annonce publique de l’événement indique que le concert commence à 6 pm à l’Agip Recital Hall, à Onikan, Lagos.

Ce que le festival apporte

La performance du 1er novembre s’inscrit dans le 30e festival de MUSON. Lors du point presse de la société, le 23 octobre, couvert séparément par The Lagos Review, Naija Times et ThisDay, ses dirigeants ont présenté un programme mêlant orchestre, jazz, opéra, musique chorale et symposium sur la musique et la technologie. Cette diversité donne une place aux chansons populaires au sein d’une institution connue pour sa formation musicale classique, sans transformer tout le festival en vitrine de la pop.

La programmation soulève aussi une question pour l’industrie. Un enregistrement peut être un produit fini sur les plateformes de streaming et aussi devenir une partition pour un ensemble en direct. Ces usages font appel à des métiers différents pour les musiciens, les arrangeurs, les directeurs et les salles. Ce concert illustre concrètement ce parcours : deux chansons nigérianes existantes, un producteur qui a contribué à leurs enregistrements, un orchestre et une salle payante à Lagos. Au vu des éléments disponibles, il ne permet pas d’établir que les concerts orchestraux constituent désormais un marché important ou rentable. Les prix des billets indiqués par MUSON sont des offres pour assister au concert, pas des chiffres de vente.

Le modèle de financement de MUSON donne également du contexte à l’événement. Lors du point presse du festival, le président Louis Mbanefo a déclaré que la société dépendait de la location de ses salles et de dons privés. The Lagos Review a relayé ses propos, et ThisDay a fait état séparément de l’importance qu’il accordait aux sponsors et aux donateurs privés. Le concert s’inscrit donc dans une institution qui doit faire vivre ses espaces et son programme de formation autant que ses performances. Aucun budget public pour cet arrangement ni aucun cachet de ses musiciens n’a été trouvé ; il serait donc erroné d’affirmer combien ce concert rapporte.

Le résultat le plus intéressant sera peut-être musical plutôt que chiffré. Michael a expliqué à WeTalkSound qu’il pouvait modifier la structure, l’instrumentation ou le tempo d’une chanson, mais seulement après avoir identifié le son qui fait qu’elle est elle-même. Pour « Many People » et « Uyo Meyo », le test aura lieu lorsque l’orchestre les jouera le 1er novembre. Les auditeurs pourront entendre si les arrangements rendent perceptibles, à une nouvelle échelle, les choix antérieurs du producteur et si l’ensemble apporte quelque chose qu’un enregistrement ne pouvait pas offrir.

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