Saregama a déclaré une marge EBITDA de 61% dans la musique et une marge nette de 46% après comptabilisation du coût des nouveaux contenus. Pour un acheteur de catalogue, la question pratique est de savoir quels coûts s’intercalent entre l’exploitation de l’activité musicale et la préservation de son rendement.
Présentez chaque marge dans sa propre colonne
Ces deux marges répondent à des questions différentes. La marge EBITDA décrit l’activité musicale à un certain niveau de ses comptes. La marge nette, déclarée après comptabilisation du coût des nouveaux contenus, fait apparaître un autre coût. Utiliser la marge la plus élevée comme rendement disponible pour financer l’achat de droits reviendrait à omettre un coût inclus dans la marge la plus faible.
Cette distinction compte lorsqu’un label détient un catalogue établi et finance aussi l’ajout d’enregistrements. Les revenus des droits existants peuvent soutenir l’activité, tandis que les nouveaux contenus mobilisent les ressources de la même entreprise. Un acheteur qui considère tous les revenus musicaux comme le rendement des droits existants risque d’attribuer au mauvais poste de son offre le rendement d’une activité et le coût d’une autre. Il faut d’abord déterminer quels droits ont généré les recettes valorisées et quelles dépenses ont permis d’acquérir des droits susceptibles de rapporter plus tard.
La croissance du chiffre d’affaires d’une entreprise ne suffit pas à dire à un label indépendant combien rapporteront ses propres droits, sans relier l’activité aux recettes et aux coûts. Une marge d’entreprise doit être examinée de la même façon. Elle peut indiquer quelle question poser, mais elle ne remplace pas l’analyse que l’acheteur doit faire du catalogue concerné.
Distinguez l’achat du plan de production de contenus
L’acquisition d’un catalogue mobilise des fonds pour des droits assortis d’un historique de revenus. Un budget de nouveaux contenus engage des fonds pour des enregistrements dont les revenus se dégageront au fil du temps. Ces deux postes peuvent figurer dans une même activité musicale, mais ils doivent avoir des lignes distinctes dans les prévisions. L’acheteur peut ainsi évaluer le prix des droits existants sans demander implicitement aux sorties futures de le justifier.
Pour un label indépendant, l’exercice utile consiste à établir deux vues de l’activité. La première suit les droits déjà détenus : quels usages génèrent des revenus, quelle part revient au label et combien coûtent l’administration et la gestion de ces droits. La seconde suit les ajouts envisagés : combien le label prévoit de dépenser et quand ces ajouts pourraient commencer à générer des recettes. Ne combinez ces vues qu’une fois que chacune tient sur ses propres bases. Sinon, un catalogue rentable peut sembler moins productif parce qu’il supporte des dépenses de contenus, ou un plan de contenus coûteux peut sembler abordable parce que des droits arrivés à maturité génèrent des revenus aujourd’hui.
Cette distinction modifie aussi la négociation. Un vendeur peut présenter les revenus associés aux droits mis en vente. Un acheteur peut valoriser ces revenus, puis décider séparément du capital à réserver aux nouveaux contenus. L’écart entre les marges EBITDA et nette de Saregama dans la musique après comptabilisation du coût des nouveaux contenus rend ce coût visible à l’échelle de l’entreprise. L’acheteur doit repérer le coût équivalent, s’il existe, dans son propre plan.
Suivez les revenus jusqu’à leur encaissement
Une marge ne dit pas à un label quand il pourra payer un vendeur ou financer un enregistrement. Un budget par territoire relie le coût d’un catalogue, la façon dont chaque usage génère des redevances et le cycle de traitement qui précède leur encaissement. Placez ce cycle à côté du budget de contenus. Une redevance attendue peut étayer une valorisation, mais un paiement exigible avant son encaissement nécessite une autre source de trésorerie.
Pour chaque catalogue envisagé, le label peut établir un bref calendrier de travail :
- Droits et usages : Identifiez les enregistrements ou autres droits évalués ainsi que les usages censés générer des revenus.
- Recettes : Reliez ces usages aux montants réellement encaissés par le label, plutôt que d’appliquer une marge d’entreprise à l’activité.
- Coûts : Affectez les dépenses liées à la détention et à l’administration de ces droits à la même période de revenus.
- Nouveaux contenus : Attribuez aux ajouts prévus leur propre calendrier de dépenses et de recettes.
- Dates de paiement : Comparez les encaissements attendus aux paiements d’acquisition et aux engagements liés aux contenus.
Ce calendrier attribue une fonction à chaque dépense. Le prix d’achat rémunère les droits acquis. Les coûts d’administration réduisent le rendement de ces droits. Les dépenses consacrées aux nouveaux contenus financent une possibilité de générer des revenus ultérieurement. Le cycle de traitement détermine si les fonds sont disponibles à la date d’échéance d’un engagement. Les coûts, la génération de redevances et le calendrier d’encaissement doivent tous entrer dans la même décision, même s’ils doivent rester sur des lignes distinctes.
Déterminez l’offre à partir des droits acquis
La règle de décision est simple : valorisez le catalogue existant à partir de ses propres recettes prévisionnelles, après déduction de ses propres coûts, puis financez les nouveaux contenus au moyen d’un plan distinct. Utilisez les marges de 61% et de 46% de Saregama dans la musique pour vérifier où le coût des contenus entre dans les comptes, et non comme une marge à recopier dans les prévisions d’un autre catalogue. Une offre devient plus utile lorsque l’acheteur peut désigner les droits qui génèrent les revenus, les coûts nécessaires pour continuer à les percevoir et la date à laquelle ces revenus seront encaissés.