Les redevances radio canadiennes peuvent passer à la trappe même lorsqu’un titre a été correctement distribué. Re:Sound, l’organisme de gestion des droits liés à la prestation publique pour les enregistrements, exige que le propriétaire du master et les artistes interprètes soumettent des déclarations de répertoire distinctes. Son calendrier publié accorde aux producteurs jusqu’au 1er septembre de la quatrième année suivant une année de redevances, mais aux artistes interprètes jusqu’au 1er septembre de la sixième. Un artiste qui s’autoproduit, contrôle le master et y joue a deux déclarations à déposer, soumises à deux délais différents.
Un enregistrement, deux comptes de redevances
Re:Sound désigne le propriétaire du master comme le « maker ». L’organisme collecte les droits voisins, c’est-à-dire les sommes dues aux artistes interprètes et aux producteurs lorsqu’un enregistrement admissible est diffusé ou joué en public. Les règles de répartition divisent cette cagnotte à parts égales : 50% aux artistes interprètes et 50% aux producteurs. Il s’agit d’une répartition des redevances d’enregistrement que Re:Sound peut distribuer, et non d’une part promise des revenus d’une station de radio.
Dans la part des artistes interprètes, la répartition par défaut de Re:Sound pour la musique populaire accorde 80% aux artistes principaux et 20% aux musiciens de studio ou d’accompagnement. Les participants peuvent convenir d’une autre répartition. Un artiste solo propriétaire du master peut donc avoir droit aux deux parts, tandis qu’un musicien de studio peut déposer une déclaration en tant qu’artiste interprète même sans posséder le master. L’admissibilité dépend toutefois de l’enregistrement et des droits applicables : aucune inscription ne garantit donc un paiement. Les règles de Re:Sound détaillent la répartition et les conditions.
Les auteurs-compositeurs ont un droit distinct à faire valoir. La FAQ de Re:Sound indique que SOCAN collecte les droits d’exécution publique liés à la composition. Livrer un master à un distributeur, adhérer à SOCAN et déposer une déclaration auprès de Re:Sound concernent des droits différents : aucune de ces démarches ne remplace les autres. Cette distinction est familière aux lecteurs de notre guide des redevances des artistes interprètes aux Pays-Bas, mais les délais canadiens nécessitent leur propre calendrier.
Calculer le délai à partir de l’année d’utilisation
Le délai dépend de l’année au titre de laquelle les redevances ont été collectées, et non de la date de sortie du disque. Pour les redevances de 2023, la date limite prévue pour l’inscription et la déclaration de répertoire du producteur est le 1er septembre 2027 ; celle de l’artiste interprète est le 1er septembre 2029. Ces deux dates découlent directement du calendrier actuel de Re:Sound pour les années de redevances 2020 et suivantes. Inscrivez-les toutes les deux au calendrier du catalogue au lieu de créer une tâche générique « Canada ».
L’inscription n’est que la moitié du travail. Re:Sound précise que le producteur ou l’artiste interprète doit aussi soumettre les renseignements complets sur le répertoire avant la date limite applicable. Un compte existant satisfait à l’exigence d’inscription, mais l’enregistrement concerné doit quand même être déclaré. Les artistes interprètes peuvent passer par ACTRA RACS, Artisti ou directement par Re:Sound ; les producteurs peuvent passer par Panorama ou directement par Re:Sound, selon le même calendrier.
L’exemple de 2023 illustre une période de dépôt, et non une estimation des revenus d’un titre donné. Re:Sound indique que les répartitions se fondent sur les diffusions déclarées, les tarifs de prestation publique étant actuellement calculés à partir des relevés des radios commerciales. Sa base de données consultable présente les enregistrements figurant dans les relevés des diffuseurs ou des utilisateurs, mais l’absence d’un résultat n’exclut pas un droit à redevances. Consultez la base pour vérifier, puis déclarez le répertoire même si le titre n’y apparaît pas.
Intégrer la déclaration aux opérations de sortie
Pour chaque master, rassemblez le titre de l’enregistrement, les noms des artistes, le premier producteur, le pays d’enregistrement, les détails de sortie et le code International Standard Recording Code (ISRC). Le guide de déclaration de répertoire de Panorama demande aux propriétaires de masters ce type d’identifiants et de renseignements sur les droits. Conservez le même ISRC dans les dossiers des distributeurs et des sociétés de gestion ; ce code identifie un enregistrement, mais ne prouve pas à lui seul qu’une partie possède le master.
Avant la sortie, documentez les artistes principaux et les musiciens de studio, puis consignez qui déposera chaque déclaration. Si un label change de distributeur, vérifiez séparément sa représentation auprès de Re:Sound et son répertoire, indépendamment du transfert de livraison. Un tableau de bord de redevances peut afficher les recettes DSP, mais il ne peut pas régler une déclaration radio canadienne manquante. Cette distinction compte aussi dans le système philippin des droits liés aux enregistrements, où la classification des artistes interprètes modifie également les paiements.
Enfin, n’appliquez pas ces délais de quatre et six ans à chaque écoute sur Spotify. La FAQ de Re:Sound distingue les services à la demande concédés directement par les labels de ses tarifs au titre des droits voisins. Demandez à votre distributeur des relevés détaillés des masters et un registre clair des répartitions, puis suivez séparément une liste de contrôle Re:Sound pour les diffusions et usages publics admissibles au Canada. C’est ainsi qu’un catalogue perçoit à la fois les revenus de livraison et les redevances auxquelles il a effectivement droit.