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La BURIDA a versé 299 millions de FCFA aux artistes ivoiriens le trimestre dernier. Leurs disques d’or venaient de France et du Nigeria.
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La BURIDA a versé 299 millions de FCFA aux artistes ivoiriens le trimestre dernier. Leurs disques d’or venaient de France et du Nigeria.

Les droits d’auteur ivoiriens plafonnent : la BURIDA n’a réparti que 299,6 millions de FCFA entre 2 766 ayants droit en juin 2026, en recul sur un an. Pendant ce temps, Himra passait disque d’or en France et Didi B au Nigeria. Pourquoi il faut séparer la BURIDA et son distributeur.
BURIDA Paid Ivorian Artists 299 Million FCFA Last Quarter. Their Gold Records Came From France and Nigeria. BURIDA Paid Ivorian Artists 299 Million FCFA Last Quarter. Their Gold Records Came From France and Nigeria.

La société de gestion collective ivoirienne fonctionne selon un calendrier fixe. Quatre répartitions par an, en mars, juin, septembre et décembre, versées sur la carte Visa du sociétaire.

La session de juin 2026 a fait circuler 299,6 millions de FCFA, environ 457 000 euros, vers 2 766 ayants droit, rapporte Connection Ivoirienne. Cela revient à près de 108 000 FCFA par personne, environ 165 euros, pour un trimestre.

La plus grosse répartition individuelle de cette session dépassait tout juste 4 millions de FCFA.

Un bon trimestre n’est toujours pas un gros trimestre

Mars a été le trimestre fort. La BURIDA a réparti 574 554 862 FCFA entre 3 292 sociétaires, dont 356,9 millions au titre du droit d’auteur et 217,7 millions au titre des droits voisins, selon l’Agence Ivoirienne de Presse.

Le directeur de la répartition, Dr Ehouman Maxim, a lui-même posé le plafond : la plus forte répartition en droit d’auteur dans le top 10 s’élevait à 6 294 341 FCFA.

Deux trimestres cumulés restent sous la barre des 875 millions de FCFA. Environ 1,3 million d’euros répartis entre quelque 3 000 personnes, dans un pays de 32 millions d’habitants. Et juin a reculé : la même fenêtre avait rapporté 315 millions de FCFA en 2025.

Les disques d’or ne sont pas venus d’Abidjan

Février 2026 restera le meilleur mois de l’histoire du rap ivoirien, et rien de tout cela n’est apparu sur une feuille de répartition de la BURIDA.

  • « NUMBER ONE » de Himra avec Minz a été certifié disque d’or en France par le SNEP, à 15 millions d’équivalents streams, porté par plus de 22 millions d’écoutes Spotify, selon Pulse Côte d’Ivoire. Une première pour un rappeur ivoirien.
  • « Good Vibes » de Didi B avec Zinoleesky est passé disque d’or au Nigeria, à plus de 50 000 unités équivalentes, premier disque d’Afrique francophone certifié sur ce marché.

Le SNEP, c’est le Syndicat National de l’Édition Phonographique, l’organisation professionnelle du disque en France et l’organisme qui délivre les certifications françaises.

La reconnaissance arrive à Paris et à Lagos. La ligne de collecte nationale, elle, stagne ou recule.

Le problème vient de la collecte, pas de la répartition

Connection Ivoirienne l’a dit sans détour. Le problème de la BURIDA n’est pas la façon dont elle partage le gâteau. C’est la taille du gâteau avant le partage.

Ce qui échappe encore à la collecte en Côte d’Ivoire :

  • Les maquis, les bars, les marchés, les cérémonies et les transports, où la musique tourne toute la journée et où les licences sont rares.
  • Les diffusions et les événements non déclarés en dehors d’Abidjan.
  • Le numérique. Le streaming est le moteur de la croissance, et un chèque trimestriel versé sur une carte Visa n’est pas l’endroit où atterrit une redevance Spotify ou Boomplay.

Ce dernier point est le plus important, parce que la région monte en puissance. Les revenus de la musique enregistrée en Afrique subsaharienne ont progressé de 15,2 % en 2025 pour atteindre 120 millions de dollars, d’après les chiffres de l’IFPI relayés par Music In Africa. L’Afrique du Sud en a capté 78,1 %. Toute l’Afrique francophone se dispute ce qui reste.

Ce qu’un artiste abidjanais devrait vraiment faire

Traitez vos revenus comme deux systèmes distincts et arrêtez de les confondre.

  • La BURIDA, ce n’est pas votre argent du streaming. Elle couvre l’exécution publique, les droits mécaniques et les droits voisins à l’intérieur de la Côte d’Ivoire. Inscrivez-vous, déclarez vos œuvres, encaissez, et attendez-vous à des montants modestes.
  • Les redevances d’enregistrement viennent de votre distributeur. Si vos certifications sont françaises et nigérianes, votre livraison doit atteindre Deezer et Spotify en France, ainsi que l’ensemble des plateformes nigérianes, avec des métadonnées propres.
  • Boomplay est la couche de découverte locale. La plateforme s’est lancée en Côte d’Ivoire en 2022 avec Didi B comme visage et facture via le crédit Orange et le mobile money. La zapper, c’est être invisible sur son propre marché.
  • L’édition est un troisième rail. Un titre certifié en France génère de l’argent côté auteur, par les circuits de la SACEM, qui ne passera jamais par une liste abidjanaise.

La question du distributeur

La plupart des distributeurs mondiaux traitent l’Afrique de l’Ouest francophone comme une erreur d’arrondi. Ils livrent Spotify et Apple Music, sautent Boomplay et Audiomack, et renvoient un relevé global unique.

InterSpace Distribution livre en DDEX natif vers les plateformes régionales que le public ivoirien utilise réellement, et détaille les partages par collaborateur dans le tableau de bord des redevances de l’artiste. DDEX, pour Digital Data Exchange, est le standard de métadonnées que les plateformes utilisent pour savoir qui doit être payé.

Le moment export d’Abidjan est arrivé en février. Son système de collecte n’a pas suivi, et il n’aura pas rattrapé son retard d’ici au 15 septembre. Les artistes qui s’en sortiront d’ici là sont ceux qui traitent la BURIDA et leur distributeur comme deux rails de revenus différents.

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