L’American Federation of Musicians (AFM) a modifié sa plainte contre Universal Music Group (UMG) et Warner Music concernant la concession de licences d’enregistrements de musiciens aux plateformes d’IA musicale Suno et Udio. Le nouveau dépôt, soumis moins de deux mois après l’action en justice initiale du syndicat, limite les défendeurs Warner à Warner Records et Atlantic Records.
Le litige porte sur la question de savoir si ces accords de licence constituent une « nouvelle utilisation » des enregistrements au sens du Sound Recording Labor Agreement (SRLA). L’AFM soutient que les contrats avec Suno et Udio représentent une nouvelle application commerciale, ce qui donne droit aux musiciens ayant participé aux pistes à une rémunération supplémentaire.
Les défendeurs réduits aux entités de labels
La plainte initiale désignait Warner Music Group Corp. comme défendeur. Warner a fait valoir que la société mère n’est pas signataire du SRLA, ne détient pas de droits d’auteur et n’était pas partie aux poursuites pour violation de droits d’auteur contre Suno et Udio. Le dépôt modifié remplace Warner Music Group Corp. par Warner Records et Atlantic Records, les entités de labels qui sont signataires de l’accord.
« Mais Warner Music Group Corp. n’est pas signataire du SRLA, ne détient pas elle-même de droits d’auteur, n’a pas été plaignante dans les poursuites pour violation de droits d’auteur contre Suno et Udio, et n’a donc pas de licences avec Suno ou Udio », avait précédemment déclaré Warner Music. « Dans la mesure où l’AFM cherche à faire valoir une rupture de contrat, ce n’est pas contre Warner Music Group Corp. »
Le syndicat évoque le service Starstruck d’Udio
La plainte modifiée fait également référence au service Starstruck prévu par Udio comme preuve que les accords de licence pourraient impliquer une nouvelle utilisation commerciale des performances des musiciens. Selon le dépôt, le service exige que les utilisateurs sélectionnent un artiste et un enregistrement spécifiques avant de générer des sorties, et les enregistrements résultants sont la propriété des ayants droit participants plutôt que de l’utilisateur. L’AFM affirme qu’une telle activité « va au-delà des utilisations envisagées » lors de la réalisation des enregistrements originaux.
Le syndicat demande des détails sur les accords de licence, arguant qu’UMG et Warner Music n’ont pas fourni les informations requises par le SRLA. Ces données, selon l’AFM, sont nécessaires pour calculer la rémunération due aux musiciens. La plainte réclame également des dommages-intérêts.
Contexte juridique plus large et prochaines étapes
Cette affaire s’inscrit dans un ensemble plus vaste de litiges concernant l’utilisation de musique et de performances enregistrées protégées par le droit d’auteur pour entraîner et faire fonctionner des systèmes d’IA générative. Sony Music reste engagé dans des poursuites distinctes contre Suno et Udio, tandis qu’UMG et Warner Music ont conclu des accords de licence avec les entreprises d’IA.
Un juge a fixé des délais pour les requêtes en irrecevabilité jusqu’à la mi-septembre. L’issue de cette affaire pourrait influencer la manière dont les musiciens sont rémunérés lorsque des enregistrements existants sont concédés sous licence pour de nouvelles applications d’IA et pourrait clarifier la portée des accords entre les grandes maisons de disques et les développeurs d’IA.